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10/05/2011

Nice-Métropole (de l'Europe?): va-t-elle réussir à obtenir des crédits européens?

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Les élus de la communauté urbaine Nice-Côte d'Azur votent pour la création de Nice-Métropole, le 13 avril 2011, alors qu'un petit groupe d'opposants manifeste devant le CUM où se déroule la réunion. /

Photo Robert Brugerolles

En ce temps où l'on vient de commémorer le 61 ème anniversaire de la déclaration Schuman du 9 mai 1950, il est bon de voir si nos élus ont des projets pour l'utilisation des fonds européens. Pour Christian Estrosi, architecte de Nice-Métropole, créé en chansons (les 45 maires de la future Métropole Nice Côte d’Azur qui avaient posé «pour l’Histoire, dans l’amphithéâtre du CUM, devant l’immense photo aérienne» du nouveau territoire administratif, «ont entonné successivement La Marseillaise, la Coupo Santo (l’hymne provençal) et, bien sûr, Nissa la Bella...»), le périmètre de cette collectivité territoriale qui la rend frontalière «avec l’Italie par le Mercantour» va «lui permettre d’obtenir des crédits européens».

Cette affirmation a étonné Patrick Allemand qui a affirmé qu'en ce qui concerne la communauté urbaine Nice-Côte d'Azur, Christian Estrosi «était incapable de dépenser son FEDER, et qu’à cause de cette non-consommation il risquait un dégagement d’office». Comme le maire de Nice lui avait répondu dans un premier temps que c'était faux, l'élu socialiste a démontré sur son blog que, sur les 5,05 millions d'euros alloués par l'Union européenne pour la Communauté urbaine Nice-Côte d’Azur (NCA), «elle a programmé 0 et par voie de conséquence certifié 0».

Cette défaillance des élus communautaires n'a pas été relevée seulement par le Vice-président du Conseil régional PACA: Thierry Arzens, un journaliste qui écrit dans Le Petit Niçois, est revenu, la semaine passée, sur les chiffres présentés par la Région et constate «sans trop vouloir jouer sur les mots», que «pendant que Marseille Provence programme 2,65 M, soit 25%, Nice Côte d’Azur en programme 0». Il s'interroge, lui aussi sur la raison pour laquelle Nice Côte d’Azur semble vouloir se passer d’une telle «manne financière» et il lance un appel: «Si quelque édile que ce soit peut nous fournir une réponse crédible, qu’il n’hésite pas à nous faire signe, nos colonnes sont ouvertes pour en informer nos lecteurs».

Une explication possible est que les procédures en cette matière sont trop compliquées pour les élus. Le dernier Conseil des ministres accrédite cette thèse. On y a «fait le point sur les différents axes de la politique de simplification des normes menée par le Gouvernement». En particulier, «le ministre auprès du ministre d’État, ministre des affaires étrangères et européennes, chargé des affaires européennes, a évoqué la dimension européenne de la politique de simplification». Ainsi, il est mis en avant que «la gestion des fonds européens est encore caractérisée par une trop grande complexité» et il est indiqué que «la France, appuyée par vingt-deux autres Etats membres, a donc demandé à la Commission de simplifier l’utilisation de ces fonds». Cependant, il faut également ajouter que «la France doit aussi simplifier ses propres procédures de mise en oeuvre des règles et fonds européens» et qu'une «mission en ce sens a été confiée au préfet Stéfanini pour faciliter en particulier l’accès aux aides européennes»:

http://www.gouvernement.fr/gouvernement/la-simplification

Arrivé à ce point, on peut se demander si c'est le fait que la collectivité territoriale soit frontalière avec l'Italie, si c'est parce qu'il y aura plus d'élus réunis pour plancher sur les fonds européens, si c'est parce quela collectivité aura des compétences nouvelles ou parce que les procédures seront simplifiées que Nice-Métropole pourra «obtenir des crédits européens».

Comme Thierry Arzens, on a envie d'avoir d'en connaître plus, en rappelant qu'en ce qui concerne les compétences de la Métropole, Nice Premium répercute la liste suivante:

Nice Métropole est née : pourquoi ? pour qui ? Développement et aménagement économique, social et culturel
- Aménagement de l’espace métropolitain
- Politique locale de l’habitat
- Politique de la Ville
- Gestion des services d’intérêt collectif
- Protection et mise en valeur de l’environnement et politique du cadre de vie

Plus trois compétences supplémentaires :

- La voirie départementale
- Les transports scolaires (déjà pris en compte par NCA)
- La promotion économique du territoire à l’international (compétences assurées actuellement par le CG 06 et la Région PACA):

http://www.nice-premium.com/actualite,42/nice-metropole-e...

27/02/2011

Muséum d'Histoire Naturelle: sacrifié, «en priorité», par le Maire de Nice pour un coûteux Musée imaginaire du Sport!

 

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Une des devantures du Muséum d'Histoire Naturelle de Nice, le samedi 26 février 2011 /

Photo Robert Brugerolles

 

Le Muséum d'Histoire Naturelle de Nice, riche d’un patrimoine de plus d’un million de spécimens, est actuellement sacrifié pour des projets plus clinquants.

Admiratif des postures «bling-bling», le Maire de Nice, ne semble pas, en priorité, intéressé par des investissements à long terme pour une science qui ne lui rapporteraient rien en terme de reconnaissance médiatique sur le court terme. C'est ainsi que Christian Estrosi préfère dépenser l'argent du contribuable dans des projets peu compatibles avec le "plan sciences" pour le primaire et le secondaire (présenté par le ministre Luc Chatel le 31 janvier 2011) dont l'objectif est de raviver l'intérêt pour les disciplines scientifiques et améliorer les performances des élèves en sciences et en mathématiques.

Pourtant, le Muséum est une entreprise exemplaire dans l'Histoire locale qui exige une suite à la hauteur des efforts déployés par les pionniers qui l'ont bâtie. En effet, c'est «sous l’influence du scientifique, Antoine Risso (1777-1845), chef de file de l’Ecole Naturaliste niçoise», que le Muséum d’Histoire Naturelle «fut le premier Musée municipal de la Ville de Nice: il ouvrit ses portes au public en 1846». Il fut d'abord installé dans la vieille Ville, Place Saint François et «considéré à l’époque comme un des plus intéressants d’Europe pour la richesse de ses collections». Celles-ci rassemblées par Jean-Baptiste Vérany (1800-1865) ont rejoints celles de Jean-Baptiste Barla (1817-1896) en 1863 sur l'emplacement de l'actuel Musée. Le tout (avec la bibliothèque) fut légué à la ville en 1896. Depuis l'enrichissement des collections et de la documentation a été considérable, couvrant non seulement des territoires méditerranéens mais aussi de l'Amérique du Sud, de l'Afrique et de Madagascar.

Christian Estrosi, lui, est plus séduit par les jeux dépensiers du sport que par le modèle pédagogique que constitue ce Muséum à une époque, pourtant, où le développement durable et les stratégies en terme de défense de la biodiversité sont essentielles. Il préfère donc, persister à défendre l’installation à Saint-isidore du Musée national du sport , «considéré comme "musée imaginaire" par la Cour des comptes» dans son rapport sur l'année 2010, «pour qualifier l'existence parisienne erratique de l'établissement depuis sa création en 1963». Le déménagement de cet l’établissement public «qui doit quitter Paris pour Nice en 2013 à l'occasion de la livraison de l'Olympic Nice Stadium dans la plaine du Var», sera «de l'ordre de 5 millions d'euros».

On voit ici que la disproportion budgétaire est flagrante: «en un peu plus d'un an, jusqu'en septembre 2009, note la Cour des comptes, «la vitrine (au ministère des Sports, NDLR) n'a accueilli que 11 173 visiteurs, soit moins de cinquante en moyenne par jour. Les recettes issues de la billetterie n'ont représenté (...) que 22 758,83 euros», somme qu'il faut rapprocher du budget annuel du musée, qui «s'élève à environ 0,9 million d'euros». Voilà dans quoi le député-maire de Nice veut engager les Niçois malgré les mises en garde de la Cour des Comptes.

C'est vraiment le cauchemar quand on sait que le Musée d'Histoire Naturelle de Nice, un des rares fleurons scientifiques du département, est laissé sans soutien substantiel alors que son déménagement est urgent et que son potentiel au niveau de la recherche et de la pédagogie est immense.

Pour vraiment sortir ce Musée de son trou, le Maire de Nice ne pourrait-il pas plutôt se tourner vers son adjointe Véronique Paquis pour qu'elle s'emploie à trouver les moyens d'étoffer l'équipe du projet muséographique du Muséum en y intégrant des experts susceptibles de lui donner le niveau que méritent les Niçois.

Ce qu'il fait quand il s'agit d'un «projet sportif», pourquoi ne le ferait-il pas pour le projet scientifique du Muséum d'Histoire Naturelle?

17/11/2010

Christian Estrosi et l'économie: la confession à Nice-Matin d'un élu en perdition conceptuelle!

Qu'est-ce que l'économie pour Christian Estrosi? Finalement, c'est, apparemment, un mot qui ne lui dit pas grand chose, si l'on en croit un entretien qu'il vient d'accorder à Nice-Matin, et c'est complètement effarant de la part d'un homme qui a été ministre de l'Industrie!

Les propos sont tellement surréalistes que je cite le passage intégralement!

«Il y a un mois et demi, le Président m’a demandé une note sur l’évolution du ministère de l’Industrie. On parlait déjà de remaniement. Mais là n’était pas le sujet. Ma note au Président fut claire : après avoir démontré que le politique pouvait agir sur l’industrie, il me paraissait nécessaire de franchir un cap supplémentaire. À savoir de constituer un ministère indépendant de celui de l’Économie auquel, de surcroît, on donnerait la compétence de l’énergie, du spatial, de l’aéronautique et de la recherche. On a un peu tenu compte de mes recommandations en ajoutant l’énergie au ministère. Mais manifestement, compte tenu des difficultés du Président, de cet organigramme gouvernemental resserré, de la répartition des ministères régaliens, du retour de Juppé et de Xavier Bertrand, ça ne laissait pas de place pour aller au bout de cette réflexion que le Président partage avec moi, mais qui n’entrait pas dans le schéma de ce remaniement. C’est ainsi. Or à chaque étape de ma carrière politique, j’ai franchi un palier.»

Dans quel mirage mental plane l'ex-ministre niçois? Vouloir enlever au ministère de l'économie tout ce qui fait sa substance est une idée stupéfiante. On en vient à s'interroger vraiment sur ce que Christian Estrosi sait de l'économie! Je dois dire, pour ma part, que j'ai été catastrophé à la lecture de ces propos tenus par un élu qui apparaît en perdition conceptuelle préoccupante.

22/10/2010

Observatoire des prix: un conseiller municipal PS de Nice se désolidarise!

Dans une lettre ouverte, que Nice Premium publie, Yann Librati, conseiller municipal socialiste de Nice, critique l'observatoire des prix que la ville a mis en place dont il se désolidarise. Il se justifie en expliquant qu'il ne correspond pas à l'outil qu’il souhaitait pour Nice: un véritable «observatoire des coûts» afin que la ville paye ses équipements au «juste prix»!

Pour mieux se faire comprendre du Maire de Nice, il se fait pédagogue. C'est assez amusant car, Christian Estrosi étant ministre de l'Industrie, il est censé être versé sur le sujet!

Le professeur Librati prend l'exemple de l'achat d'un logement: «Lorsque vous achetez une maison, vous ne regardez pas uniquement son prix, mais son coût global: les charges individuelles et collectives, les ravalements de façades prévus ou à prévoir, son entretien, la question du stationnement et la présence d’un garage, etc.». En résumé, dit-il, «le prix d’un produit est le montant réglé à un instant «T», alors que son coût comprend l’ensemble du cycle de vie du produit: de la conception de l’achat, l’achat lui-même, mais aussi l’usage du produit (la satisfaction donnée), jusqu’au recyclage éventuel du produit».

Il poursuit son explication en remarquant, en particulier que les avenants de contrats «qui, parfois, représentent plusieurs millions d’euros»  plombent la facture comme dans le cas «du chantier de l’hôpital Pasteur II (dont Christian Estrosi est le président du Conseil d’Administration) qui, après avoir augmenté de 57 millions d’euros, augmente aujourd’hui encore de 10 millions d’euros». Yann Librati dénonce donc, un système où la volonté politique manque pour lutter contre ces surcoûts que le contribuable niçois doit acquitter.

Si on ne peut que reconnaître la pertinence de ces observations, il faut noter que Yann Librati n'a, cependant, pas signalé un argument supplémentaire fondamental pour que la ville ne se prive plus d'un véritable «Observatoire des coûts»: c'est la détection des externalités négatives environnementales!

Toute la démonstration du conseiller municipal PS peut être élargie, sans problème, en considérant que le coût véritable d'une action va de sa production à ses effets collatéraux, ce qui comprend bien entendu, le traitement des déchets de consommation et les pollutions associées.

L'avenir de notre réponse à l'enjeu écologique à Nice dépend donc, de la mise en place de cet outil adapté. Il s'agit là, à l'évidence, de l'établissement d'une politique de vérité respectueuse du bien-être futur des habitants et, bien entendu, pas d'une communication relativement creuse pour mieux les manipuler dans un but électoraliste.