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11/07/2015

De l'énergie pour l'Afrique

Pour occuper sa retraite et sans doute pour entretenir son image, Jean-Louis Borloo veut mobiliser, avec ÉNERGIES POUR L’AFRIQUE, une grande coalition internationale comprenant des parties prenantes en Afrique afin de conférer à ce continent une impulsion économique décisive.


Partant de l'idée que l’Afrique «est en panne, faute d’électricité», Jean-Louis Borloo a commencé à annoncer, le 28 septembre 2014, la création de sa fondation pour l’accès à l’électricité sur le continent africain  dans une interview accordée au Journal du Dimanche.


Les arguments en faveur de cette initiative sont basés sur le fait que l'Afrique, «ce continent frère, dix fois plus grand que l'Europe et bientôt trois fois plus peuplé, est à la croisée des chemins»: plus précisément, ce continent doté de grandes richesses, est en panne faute d'électricité, puisque «70 % des Africains n'ont ni lumière, ni électricité, ni énergie».

L'idée centrale est qu'un grand développement de l'Afrique pourrait fournir «un relais de croissance pour la France et pour l'Europe». Il faut ici rappeler que l'argument que «le destin de l'Europe et de l'Afrique sont liés» était aussi à la base du projet Désertec dont le but était d'utiliser, essentiellement, le fort rayonnement du soleil dans le Sahara pour alimenter en électricité l'Europe et les pays producteurs (qui comportaient aussi des pays du Moyen-Orient).

De son côté, la France avait travaillé «à la constitution d'un consortium d'entreprises (fournisseurs d'électricité, des gestionnaires de réseau électrique et des fabricants de matériel haute tension) pour le projet baptisé 'Transgreen'», dont l'objectif était de fournir un 'schéma directeur pour les investisseurs' en prévision «d'une augmentation de la production d'électricité renouvelable, en particulier solaire, sur le pourtour méditerranéen».

Il s'agissait alors d'acheminer carrément l'électricité solaire produite en Afrique vers l'Europe! Et, à ce moment-là, on pouvait s'attendre, à terme, à une concertation de caractère politique dans l'Union pour la Méditerranée qui rende possible un partenariat officiel entre Desertec et Transgreen.


Si, aujourd'hui, on n'en est pas vraiment là, Jean-Louis Borloo a, en quelque sorte pris la relève de l'esprit créatif européen en lançant le 3 mars 2015, dans une conférence de presse en présence de François Hollande et des présidents du Sénat et de l'Assemblée Nationale, sa fondation pour l’électrification du continent africain, qui «prône la création d’une agence dotée de 4 milliards de dollars de subventions par an».


Il reste à savoir, maintenant, ce que les différents groupes de pression en embuscade vont faire de ce sympathique 'plan Marshall' en gestation.