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25/04/2013

Ce que François Bayrou devrait dire...

 

Lors de l'entretien de François Bayrou sur France 3, il s'est exclamé: «La seule issue possible, c'est de multiplier la création de richesses et d'emplois, et donc de se demander pourquoi, dans un grand pays créateur comme le nôtre qui sait tout faire, les avions, les fusées, est-ce que nous n'arrivons plus à produire le minimum pour vivre? Et donc à mettre toutes les forces du pays pour que désormais ce soient les créateurs, les innovateurs, les investisseurs, les entrepreneurs qui deviennent la première ligne soutenue et honorée par les autres.»

A mon tour, je lui demande: pourquoi ne développe-t-il, pas beaucoup plus, la réponse au problème qui fait «que nous n'arrivons plus à produire le minimum pour vivre?». Quand je vois le nombre de prise de paroles dont il bénéficie, et qu'il se contente très souvent de répéter ce qu'il disait lors de la présidentielle de 2012, sans vraiment aller plus loin, je me dis qu'il gaspille un peu son temps d'antenne. Or, s'il veut faire preuve du dynamisme indispensable, en cohérence avec son but, afin que nous retrouvions la croissance, il ne doit pas laisser s'installer cette image statique de lui-même. Il nous dit que le politique peut mettre en première ligne «les créateurs, les innovateurs, les investisseurs, les entrepreneurs», mais son devoir c'est aussi de leur proposer de véhiculer une vision séduisante et motivante. C'est même essentiel si l'on veut la réussite de la France!

François Bayrou, qui, pour moi, jusqu'à présent, était le phare du centre, apparaît, en l'occurrence, un phare, resté bloqué, envoyant sa lumière toujours dans la même direction, alors qu'il demande à tous les Français d'avancer. On peut le constater en relisant une autre de ses phrases prononcées lors de ce même entretien: «la France ne travaille plus assez pour faire face à ses besoins ou pour équilibrer ses besoins». Certes! Depuis qu'on nous le répète, on le sait tous. Mais, pour aller de l'avant, ne serait-il pas urgent de se pencher sur ce que cache l'expression «équilibrer ses besoins»?

En fait, cela veut dire qu'actuellement, il y a un déséquilibre parce que nous satisfaisons une partie substantielle de nos besoins par des importations alors que nous exportons beaucoup moins. Si François Bayrou le sait et le dit, il ne cherche pas à expliquer pourquoi la France exporte peu. J'en suis d'autant plus désolé qu'il est un pédagogue de formation, agrégé de l'enseignement.

Alors, pourquoi n'exportons-nous pas assez? Tout simplement parce que la France s'est repliée sur elle-même, sur son bien-être et que, hypnotisée par les problèmes européens, elle a commencé à déserter le monde. Or la France, le pays de la Révolution française, le pays des droits de l'Homme, a toujours cette image à porter au monde. Sous son aspect pacifique et économique, cela se traduit par: «ce qui est bien pour nous, est bien pour les autres». La moralisation, le bien être, la liberté, l'autonomie, c'est bien pour tous les habitants de la planète!

En terme d'entreprises exportatrices cela doit se traduire par l'image associée aux produits français. On connaît les succès de LVMH, L'Oréal, ils sont fondés sur des biens reliés au bien-être, à la liberté et à l'autonomie, comme les voitures françaises, par exemple, qui, en ce moment, peinent à exprimer cette idée. Il faut le souligner: tous les produits, qui favorisent l'autonomie et la responsabilité des habitants de la planète, sont en cohérence avec l'image historique de la France. Pourquoi ne motivent-on pas nos entrepreneurs et créateurs à ce sujet?

Il y a quelque jours, le maire de Nice a visité le chantier du futur bâtiment qui va accueillir le centre national de référence santé à domicile et autonomie (CNR SDA). Si, la santé et l'autonomie se conjuguent également ensemble, le terme «centre national» montre, ici encore, la tendance au repliement sur soi des Français. Les locaux du centre en cours d'aménagement vont accueillir à la fois public, laboratoire, salle de formation, appartement témoin, atelier de design, entreprises. «Entreprises», le mot est lâché en dernier. Cependant, cela risque, hélas, d'être des entreprises à vision hexagonales avec une vision «pépère». Pourtant, c'est une vision économique mondiale des marchés qu'il faut avoir.

Faute d'avocats qui plaident cette cause, on gaspille beaucoup de nos investissements. Voilà ce que François Bayrou devrait dire en sortant partiellement du nombrilisme français, s'il veut la réussite de notre pays. Oui! Désormais, il nous faut vendre, en urgence et avec détermination, notre image de promoteurs de la liberté individuelle et du bien être aux habitants du monde entier en leur proposant des produits qui leur apportent la liberté et la responsabilité sociale, écologique et civique.

08:39 Publié dans MoDem | Lien permanent | Commentaires (0)

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