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17/07/2010

Agenda 21 NCA: l'affrontement entre les intentions et les égoïsmes

 

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L'affrontement des egos, néfastes pour l'intérêt collectif, illustré par la troupe "Entrées de jeu" le 1er juillet 2010 à l'Opéra de Nice

/ Photo Robert Brugerolles

Christian Estrosi, ministre chargé de l’Industrie et maire de Nice, a choisi le mois de juillet 2010 pour communiquer sur sa politique environnementale. Les signes de cette offensive médiatique sont relativement nombreux, mais on peut se poser la question de l'évaluation de la qualité globale de l'action sous-tendue.

Ce samedi, par exemple, le journal Nice-Matin a présenté, le centre de valorisation des déchets organiques du lac du Broc, en cours de construction, qui traitera 60 000 tonnes par an:

http://www.nicematin.com/article/cote-dazur/dechets-lusin...

Il y a un peu plus d'une semaine, vendredi 9 juillet, Nice-matin, le journal local incontournable, avait répercuté, en pages 2 et 3, l'information sur les projets photovoltaïques départementaux qui commencent à voir le jour : Saint-Isidore, Saint-Auban, Villeneuve-Loubet…:

http://www.nicematin.com/article/cote-dazur/photovoltaiqu...

Ainsi, au Parc d'Activités Logistiques (PAL) de Saint_Isidore, la Chambre de Commerce et d'Industrie va faire installer 9000 m2 de cellules photovoltaïques sur les toits des bâtiments qu'elle possède dans ce parc.

A Saint-Auban, ce sera une centrale photovoltaïque au sol de 36 ha, la plus grande «ferme» des Alpes-Maritimes.

A Villeneuve-Loubet, c'est la société de développement solaire Nur Énergie qui présente un projet d'installation de 8 ha de panneaux solaires sur les terrasses de la décharge fermée de Jas-de-Madame.

Ce ne sont pas les seuls. d'autres réalisations comparables sont prévues à Venanson, à la zone industrielle de Carros etc.

Alors, on peut se poser la question: est-ce que tout «baigne» en matière d'environnement, en cet été 2010 au bord de notre Méditerranée?

Lors du démarrage de cette opération de communication estivale, le jeudi 1er juillet 2010, de 18h à 20h à l'Opéra de Nice à l'occasion de la grande réunion publique sur l'Agenda 21 Nice-Cote-d'Azur, Christian Estrosi, le Président de Nice Côte d’Azur, avait exposé ses intentions qui sont de permettre à notre territoire de devenir exemplaire en matière de développement durable.

Or, il est souligné explicitement que la réussite de cet Agenda (qui est un programme d'actions menées par Nice Côte d’Azur en faveur du développement durable pendant les 5 années à venir) repose sur un engagement politique sur le territoire, «mais aussi sur la participation et la mobilisation des habitants». Et, c'est là où on peut déjà, pointer des faiblesses.

Il faut rappeler, en effet, que «L’agenda 21, c’est surtout, au travers de ses propositions d’actions, un ensemble d’initiatives pour mieux vivre collectivement, pour accompagner et susciter les changements d’habitudes et d’attitudes» comme il est dit dans le texte de présentation de l'opération.

Certes, 500 personnes avaient répondu au 1er juillet au forum virtuel sur le site de Nice-Cote-d'Azur; mais que vaut ce chiffre face aux plusieurs centaines de milliers d'habitants concernés?

Certes, Christian Estrosi s'est emballé au niveau de son engagement en déclarant, dans son discours de clôture à cette soirée du 1er juillet,que le système productif qu'il compte soutenir, c'est celui qui va de «la construction à la déconstruction» et qu'il sera «mis en application à Nice»; mais cet engagement fondamental a été passé sous silence dans le compte rendu officiel rédigé par les services du Maire:

http://www.nice.fr/Actualites/Reunion-publique-sur-l-Agen...

Ainsi, de la même façon, dans les projets photovoltaïques départementaux, cités le 9 juillet par Nice-Matin, la problématique de la déconstruction n'est pas évoquée non plus.

Certes, on nous a annoncé la création d'un Observatoire de l’Ecologie Urbaine: il sera prochainement mis en place dans les locaux du laboratoire de l’environnement où «seront désormais regroupés, analysés et publiés, les indicateurs concernant la qualité de l’air, intérieur et extérieur, les niveaux de bruit, les bilans carbone, le contrôle de la qualité de l’eau potable et des effluents d’eaux usées, le suivi des opérations phytosanitaires, les évaluations environnementales, le suivi des installations classées comme l’unité de valorisation de l’Ariane, les ondes électro-magnétiques, etc.»;

mais, tout dépend de ce que l'on mesure. Ainsi, je sais qu'au niveau de la qualité de l'air, comme il n'est pas obligatoire d'analyser le niveau des pesticides dans l'air, le relevé n'est pas fait! Comment dans ces conditions contrôler sérieusement les progrès que l'on souhaite faire au niveau de la diminution des pesticides urbains si les moyens d'analyse, n'existent que virtuellement?

Certes à la réunion sur l'Agenda 21 à l'Opéra de Nice, plusieurs conseillers municipaux s'étaient déplacés pour la première partie de la réunion, mais pour la deuxième partie, celle du spectacle-interactif, ils ont disparu avec le Maire et la majeure partie du public: à ce moment-là, en effet, j'ai pu seulement noter la présence de la quatorzième adjointe, Sandrine Filippini (si je fais une erreur à ce sujet qu'on me le signale! je rectifierais bien volontiers mon propos!).

Ce second moment de la soirée m'est apparu très importante car il permettait d'avoir une idée de la volonté de participation du public.

Cette représentation théâtrale interactive sur le Développement Durable fut animée par une troupe spécialisée comme on peut le vérifier sur son site:

www.entreesdejeu.com

Elle fut "particulièrement parlante" en mettant en scène une famille Bouche-Grain et montrant que les égoïsmes des «mauvais citoyens» peuvent avoir raison des meilleures intentions comme celles manifestées le Maire de Nice.

Ce sont, d'ailleurs, les photos de deux de ces scènes frappantes qui illustrent cet article.

En conclusion, pour l'instant, à part quelques exceptions, la grande majorité des élus semble peu mobilisée à Nice pour donner l'exemple à la population. La ville n'est pas encore motrice en matière d'environnement; elle agit dans un contexte d'actualité qui devrait la stimuler plus fortement:

http://www.gouvernement.fr/gouvernement/avec-le-grenelle-...

En fait, en ce samedi 17 juillet 2010, le département des Alpes-Maritimes n'est même pas encore répertorié sur le site des agendas 21 locaux:

http://www.agenda21france.org/france,6.html

L'Agenda 21 Nice-Cote-d'Azur a donc, vraiment besoin de nous pour le rendre vraiment efficace afin qu'il ne reste pas au niveau de belles intentions relativement somnolentes.

 

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L'usage du 4X4, un exemple d'égoïsme traité par la troupe "Entrées de jeu" le 1er juillet 2010 à l'Opéra de Nice

/ Photo Robert Brugerolles

 

 

Commentaires

Robert, de la " bel ouvrage !"

Écrit par : FB | 18/07/2010

Fabien, je suis très touché pour ton appréciation de mon travail d'analyse.
J'ai, effectivement, étudié la question dans un esprit que j'ai souhaité constructif.
La balle est, maintenant, dans le camp de la municipalité de Nice car j'ai envoyé une lettre ouverte à ce sujet à Christian Estrosi et au Conseil municipal pour que des améliorations soient apportées à l'état des choses actuel:
http://listecoherencedemocrate.hautetfort.com/lettres-ouvertes/

Fera-t-elle l'effort d'écoute indispensable pour que cet Agenda 21 Cote-d'Azur soit à la hauteur des besoins recensés?
Je l'espère au nom de l'intérêt général car devenir exemplaire ne doit pas rester juste un mot jeté en l'air à l'intention des journalistes.

Écrit par : Robert Brugerolles | 20/07/2010

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