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01/04/2010

Définir un "capitalisme orange"

La colonne vertébrale du

Mouvement Démocrate, c'est la définition du

« Captalisme Orange »


Après la mauvaise surprise du score du MoDem aux élections régionales, le Conseil National a pris ses premières décisions.

Avec l'affirmation de sa volonté de reconstruction civique, avec la confirmation du choix de l'indépendance, avec la désignation de deux nouveaux vice- présidents, Jean Lassalle et Robert Rochefort, avec la création d'un secrétariat général confié à Marc Fesneau, le Mouvement Démocrate a ainsi manifesté son désir d'affronter les yeux ouverts et dans la détermination les défis politiques du futur:

http://www.mouvementdemocrate.fr/vie-du-modem/conseil-nat...

Si on peut peut se réjouir de cette première réaction, il est impératif, pour les démocrates, de ne pas s'en tenir là et d'étudier au plus vite ce qu'il convient de faire à l'avenir pour mener la politique correspondant à leur éthique.

Plutôt que d'entrer dans le détail de l'analyse de la campagne que d'autres vont faire avec précision, j'ai trouvé fondamental de prendre un point de vue théorique global pour cerner la mission d'un mouvement démocrate idéal.

On connaît l'expression "Révolution Orange" employée en Ukraine et l'enthousiasme des foules que ce processus a soulevé, dans ce pays, à son début (aujourd'hui, tout cela est bien retombé!). Il est évident, en suivant cet exemple, qu'un programme de changement politique doit présenter une base forte pour mobiliser un peuple.
Devant le retrait actuel d'une bonne partie des électeurs de l'action politique, on peut, donc, se demander si une radicalisation de la présentation de notre projet "Orange" n'est pas à envisager.
Des adeptes du travail en réseaux tentent déjà d'exprimer cette volonté en utilisant le vocable de «révolution»:
http://benoitb.lesdemocrates.fr/2010/03/la-revolution-dem...
CAP21 lui-même, semble s'y engager également:
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/03/28/97001-201003...

Est-ce une bonne chose ou faut-il envisager cette voie avec prudence?
Une évaluation démocratique de cette option est fondamentale. Je pense qu'on ne peut pas y échapper car l'esquiver serait démissionner par rapport à notre ambition de changer les choses de manière démocratique.
Si cette discussion est stratégique pour l'avenir du MoDem, elle ne constitue cependant pas le fond du sujet. En effet, le mot «révolutionnaire» est une étiquette qualificative de «quelque chose» qui correspond à un changement radical. Quel pourrait donc, être ce «quelque chose» profond que le MoDem devrait mettre en avant?
Ce «quelque chose», c'est ce qui doit assurer notre crédibilité pour résoudre les défis des déficits, de la crise économique, de la crise environnementale, de l'exclusion et des pannes de l'ascenseur social.
Ce «quelque chose», c'est donc, tout simplement un projet économique de "capitalisme orange" qui respecte notre vision humaniste du futur.
Est-ce révolutionnaire? Chacun pourra donner sa réponse. A ce niveau, pour moi, l'essentiel, c'est tout découlera de notre travail de définition du "capitalisme orange": nos relations avec nos concurrents de gauche et de droite vont dépendre de cela. Cela justifiera notre position au centre sans que l'on ait besoin d'autres arguments. En effet, n'étant pas anticapitalistes comme le NPA, en déclinant ce qu'est notre vision d'un "capitalisme orange", fondé sur des investissements tournés vers l'humanisme et une répartition équitable des richesses éloignée de la lutte des classes, nous nous opposerons à ceux qui à droite ou à gauche favorisent cette lutte des classes.

J'insiste: la colonne vertébrale du Mouvement Démocrate, c'est la définition du « Captalisme Orange ». Si nous n'employons pas des gros mots comme "capitalisme orange", nous serons mal identifiés et médiatiquement peu communiquant.

Bien qu'on n'ait pas souligné ces points, je pense que le défaut d'un vocabulaire bien adapté à notre positionnement fait que nous sommes inaudibles de la grande masse de la population. Pour moi, ce qui est à refonder, ce n'est pas notre ambition politique, ce n'est pas notre démarche, c'est notre expression orale et écrite. Il nous faut trouver le langage politique qui traduit nos projets. Ce n'est pas un décret qui peut y faire parvenir mais une suractivation de nos échanges avec la population de façon à faire émerger les expressions qui portent. En cette période de crise où les solutions économiques sont essentielles, notre vision du capitalisme devra rapidement être claire pour tous si nous voulons réussir notre projet orange de construction d'un grand Parti Démocrate.
C'est cette renaissance du vocabulaire qui entrainera une renaissance de la mobilisation et un renouveau de la gouvernance. Oui, il faut éviter de mettre la charrue avant les boeufs! Cela évite une déperdition inutile d'efforts. Beaucoup de graines ont été plantées par le travail obscur des diverses commissions ou des groupes de réflexions. Si ces graines ne germent pas c'est que le langage politique qui les traduit est à réinventer!
Et quand on pourra intéresser la population au "capitalisme orange" ainsi présenté, nous serons sur les bons rails.

Commentaires

Tu touches du doigt l'essentiel : la refondation du système capitaliste, la fondation d'un capitalisme ayant pour objet de servir l'homme.
Tu connais bien sûr les travaux de Jean Peyrelevade. Il est venu faire une conférence dans le Val d'Oise. J'ai enregistré cette conférence et je serais heureux de te la faire parvenir, si tu en as besoin.
Un de nos amis, Alain Fontaine, malheureusement décédé, a fait des recherches sur le prêt à intérêt. Il préconisait que la France mette en application "la quatrième directive" du Parlement de Strasbourg, qui propose un autre mode du calcul des intérêts prélevés par les banques. Si ce sujet t'intéresse, tu peux prendre contact de ma part avec Fawaz Kazma, d'Argenteuil. Tu le trouveras sur facebook.
Une autre piste pour modifier les rapports de l'homme et du travail, c'est l'économie sociale et solidaire. Je participe au travail d'un groupe démocrate sur ce sujet. Tu trouveras également ce groupe sur facebook.

Écrit par : Laurent Lesbats | 01/04/2010

Merci Laurent pour ton commentaire!
Ta contribution ouvre un dialogue positif. J'en ai pris bonne note.
Bien entendu, je me suis déjà penché sur l'économie sociale et solidaire. C'est une façon particulière de vivre le "capitalisme orange". Cependant ma démarche correspond à un travail plus global sur le système.
Bien amicalement
Robert

Écrit par : Robert Brugerolles | 02/04/2010

http://www.monde-diplomatique.fr/2005/01/GENTE/11838?var_recherche=pora

Relis cet excellent article du monde diplo et surtout prend un peu de recul sur ces "révolutions spontanées" colorées. Le rôle que les USA de Bush ont joué n'était pas la sauvegarde de la démocratie mais la géostratégie des routes de l'énergie.

Oui le système doit être repensé mais le peut-il ?
A travailler sur les marchés boursiers je dirai que le système est fou et d'autres bulles financières vont éclater, mais ce système est mondialisé, pouvons nous transformer la France en immense village gaulois et résister à la pression des marchés financiers ?
Un pays est à regarder de près : l'Islande, les citoyens résistent à la pression des banquiers et des médias aux ordres.

Écrit par : Anik | 03/04/2010

"Repenser le système" est un travail qui incombe aux militants s'ils ne sont pas blasés...

Écrit par : Robert Brugerolles | 03/04/2010

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